physique et information
Ce blog intitulé “Mathesis universalis” prend la suite de plusieurs autres portant le même nom, et visant à la clarification de ce concept fascinant, apparu au début du 17 ème siècle et héritier en quelque sorte des divers projets de “pansophie” et de “clavis universalis” chez Lulle par exemple, ou bien d’autres, au Moyen age latin et arabe. Puis Descartes s’empare de cet “objet”, dans les Règles pour la direction de l’esprit, ainsi qu’à sa suite Leibniz et Wolff.
Aujourd’hui ces tentatives sont tombées dans l’oubli, ou jugées naïves et témoignant d’un stade infantile de la science. Mais s’agit il bien de science, ou plutôt de philosophie ? et que penser du gouffre qui s’est creusé peu à peu, à partir de la fin du 17 ème siècle, entre philosophie et sciences ? entre philosophie et mathématiques ?
Il s’agissait donc de clarifier cette “chose”; y est on arrivé ? force est de constater que non. Echec sur toute la ligne… et pourtant nous continuons ici à nous occuper de “Mathesis universalis” ! quelle obstination !
En fait, comme il a déjà été indiqué, nous nous inspirons ici de la pensée de Léon Brunschvicg, selon laquelle l’apparition de la physique mathématique au 17 ème siècle, chez Galilée, Descartes, Leibniz et Newton, traduit un changement d’axe de la vie religieuse : l’humanité franchit un seuil, passant de l’âge infantile des conceptions aristotéliciennes et de la physique qualitative qui y correspond, à l’âge adulte de la physique mathématique cartésienne, et, s’agissant de religion, des religions aux “dieux à nom propre” à LA religion (universelle, au moins potentiellement) du Dieu des philosophes et des savants.
Seulement, quatre siècles après Descartes et 60 ans après la mort de Brunschvicg, le panorama est un peu brouillé : les religions “aux dieux que l’on prie”, propres à homo credulus et homo faber, refusent de céder la place à la religion entièrement spirituelle du Dieu des philosophes, propre à homo sapiens, comme on l’a vu avec certitude un certain 11 Septembre 2001.
Ceci ne doit pas nous arrêter, mais nous conforter dans notre conviction que le but de la science (et de la philosophie, dont elle est issue) n’est pas le développement économique, militaire, technique, ni le bonheur matériel, mais le progrès de la conscience de l’humanité dans la recherche du Vrai et du Bien
Tags: Brunschvicg, information geometry, physique
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