Archives mensuelles : mai 2015

Entre ici François Hollande avec ton terrible cortège d’imbéciles

HENOSOPHIA τοποσοφια μαθεσις υνι√ερσαλις οντοποσοφια

il a osé…oui il a osé!!!!
Que voulez vous…ça ose tout

Il a osé, le minable qui se prend pour le président de la République, le (petit) Maître de la rue du cirque, mettre ses (petits) souliers de fonctionnaire de sous-préfecture, dans les traces de pas de géant laissés il y a un peu plus de cinquante ans par André Malraux, que ses ailes de géant n’ont jamais empêché de marcher (et c’est heureux car le mythe du génie méconnu on a suffisamment donné)…

Je vais faire mon Drucker : pardon aux fonctionnaires et aux sous-préfets (*)

Zemmour l’a fort excellemment dit ce matin sur RTL, voir le replay (enfin si l’on peut supporter la publicité qui précède, mais ça fait partie du problème non?):

Panthéon : Hollande n’a fait que montrer sa petitesse

(Au fait ce titre « On n’est pas forcément d’accord » pue son RTL…s’ils espèrent éviter ainsi les…

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#BrunschvicgRaisonReligion exemple 4 des oppositions fondamentales : « Le dit du vieux marin » de Coleridge

J’ai lu très jeune le poème de Samuel Taylor Coleridge « Le dit du vieux marin » (« The rime of the ancient mariner ») et je me souviens comme si c’était aujourd’hui de l’impression , le mot est faible, de la véritable transe intérieure qui me saisit aux premiers vers.

J’étais exactement dans l’état de saisissement de l’invité des noces que le marin fixe des yeux et qui ne peut faire autre chose que d’écouter son récit :

« Le vieux marin serre le bras du jeune homme de sa main décharnée : « Il y avait un vaisseau… dit-il. – Lâche-moi, ôte ta main, drôle à barbe grise ! » Et aussitôt la main tombe.

Le marin retient le jeune homme avec son oeil brillant. Le garçon de noce demeure tranquille et écoute comme un enfant de trois ans : le marin a sa volonté.

Le garçon de noce s’assit sur une pierre : il ne peut s’empêcher d’écouter ; et ainsi parla le vieil homme, le marin à l’oeil brillant : »

Je viens de citer la traduction de Maxence Caron :

http://maxencecaron.fr/2010/07/coleridge-la-complainte-du-vieux-marin/

il y a aussi celle sur Wikisource:

http://fr.wikisource.org/wiki/La_Chanson_du_vieux_marin

mais celle que je préfère de loin est sur ce site :

http://www.ironmaidencommentary.com/?url=album05_powerslave/rime/rime00&lang=fra&link=albums

d’abord parce qu’il donne le texte original, auquel il faut toujours se reporter, mais aussi pour d’autres raisons, je ne prendrai qu’un exemple, celui de la fin du chapitre 1, le texte anglais sonne comme une flèche :

« With my crossbow I shot the ALBATROSS »

pourquoi traduire comme sur le site de Maxence Caron ou sur Wikisource:

 » C’est qu’avec mon arbalète, je tuai l’albatros.  »

en introduisant ce « C’est que  » explicatif qui n’est pas dans le texte original et détruit l’impression d’étrangeté et d’horreur qui plane sur tout le poème.

Pourquoi ne pas suivre le texte et traduire :

« D’un coup d’arbalète, cet Albatros, je l’abattis »

En fait je me rends compte que le site bilingue « Ironmaiden » suit la traduction d’Henri Parisot qui est celle de l’édition Aubier Flammarion de ma lecture originale.

L’opposition entre plan vital, symbolisé par « les noces » au début et à la fin du poème, et plan spirituel, symbolisé par l’Albatros, est évidente: le poème a généralement été considéré comme une allégorie chrétienne :

http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Complainte_du_vieux_marin

et l’Albatros comme symbole du Christ, le « péché »  (meurtre du « Soi ») du Vieux marin serait ainsi « expié » dans la suite, jusqu’à la fin où il se détourne des noces, préférant l’Eglise et la prière « au Dieu qui nous aime tous ».

Cela introduit une sorte de « rationalisation religieuse » (la faute, la punition, l’expiation) qui certes se trouve dans le texte, mais je conseille de lire (toujours dans l’édition bilingue Aubier Flammarion) la longue introduction  de Christian La Cassagnère portant sur les trois poèmes majeurs traduits (Le Vieux marin, Christabel et Kubla Khan) qui montre très bien que cette « surimposition » (par Coleridge lui même) du mythe chrétien affaiblit le noyau mythique original et sa force d’étrangeté, qui saisit tout lecteur du poème.

Cette introduction fait appelle à Jung, aussi ne la commenterai je pas plus ici.

Le « meurtre de l’Albatros » signifie de manière poétique la destruction de tout accès au plan spirituel par les humains obsédés par le plan vital et la lutte pour la domination et la puissance qui lui sont propres, ainsi que les « récompenses » en termes de richesse, de plaisir et de pouvoir qu’il promet aux « victorieux ».

Il est du domaine non pas d’une « faute » ou d’un crime « factuel », se produisant à un moment de l’Histoire, mais du domaine transcendantal, comme d’ailleurs me semble t’il le « péché originel ».

Et les évènements atroces qui suivent ne sont pas de l’ordre de la « punition du crime » ou de la « vengeance » , ce sont les conséquences nécessaires du « pourrissement » du plan vital lorsque toute possibilité de le dépasser en le spirituel est supprimée.

Ce « pourissement » Coleridge le vivra en personne avec l’évolution tragique de sa vie de couple avec son épouse Sarah Fricker, un marige malheureux en 1795 dû uniquement aux contraintes sociales. Il aura une passion amoureuse pour Sara Hutchinson, soeur de la future épouse de Wordswotrh, mais celle ci ne répondra pas à son amour. Il deviendra opiomane.

quelques vers qui dépeignent cette lente agonie de l’être coupé des ressources de l’esprit:

seconde partie:

« L’eau, l’eau était partout, et toutes les planches du bord se rétrécissaient. L’eau, l’eau était partout, et nous n’avions pas une goutte d’eau à boire.

La mer se putréfia, ô Christ ! qui jamais l’aurait cru ? des choses visqueuses serpentaient sur une mer visqueuse.

Autour de nous, en cercle et en troupe, dansaient, à la nuit, des feux de mort. L’eau, comme l’huile d’une lampe de sorcière, était verte, bleue et blanche. »

début de la quatrième partie:

« « J’ai peur de toi, vieux marin, j’ai peur de ta main décharnée ! Tu es long, maigre et brun comme du sable de mer quand la vague s’est retirée.

« J’ai peur de toi, de ton oeil brillant et de ta main décharnée si brune.

– Ne crains rien, ne crains rien, garçon de noce, ce corps ne tomba pas. »

Seul, seul, je restai debout, tout seul, tout seul, sur la vaste, la vaste mer, et pas un saint n’eut pitié de ma pauvre âme à l’agonie.

Tant d’hommes, tant d’hommes si beaux ! Ils gisaient là, tous morts, et mille choses visqueuses vivaient autour ; et moi aussi je vivais !

Je regardai la mer en putréfaction, et détournai mes yeux de ce spectacle. Je les reportai sur le pont du vaisseau, il était également en putréfaction ; sur ses planches gisaient les corps morts de mes camarades. »

Bien entendu certains interpréteront le récit de manière simpliste : Coleridge n’a pas été heureux en ménage, donc il tente de suggérer que le mariage « bourgeois » doit être dépassé dans la prière et le culte religieux.

A notre époque, certains esprits « progressistes » lui suggèreraient de s’éclater sur ces sites de rencontre entre personnes mariées qui veulent vivre un adultère à la pause de midi…

Non, soyons sérieux : suffit il d’être malheureux en sa vie de couple pour composer un tel poème ?

 » Oh ! confesse-moi, confesse-moi, saint homme ! lui dis-je. L’ermite se signa. – Dis vite !… répondit-il, je l’ordonne, dis vite quelle espèce d’homme tu es ? »

Au même instant mon être fut tourmenté par une douloureuse agonie qui me força de commencer mon histoire. Quand je l’eus terminée, je sentis mon cœur déchargé d’un grand poids.

Depuis, à une heure incertaine, cette agonie me reprend, et jusqu’à ce que mon affreuse histoire soit dite, le cœur me brûle intérieurement.

Je passe, comme la nuit, de terre en terre : j’ai une étrange puissance de parole. Du moment que j’ai vu sa figure, je sais l’homme qui doit m’écouter, et je lui apprends mon histoire.

Mais quel vacarme sort de cette porte ? Tous les gens de la noce sont là. Sous la treille du jardin, la mariée et les compagnes de la mariée chantent. Silence ! la petite cloche du soir m’ordonne de prier.

Ô garçon de noce ! cette âme a été seule sur la vaste, la vaste mer, et cette mer était si solitaire que c’est à peine si Dieu lui-même semblait y être.

Ah ! s’il est doux d’être d’une fête de mariage, il est encore plus doux pour moi d’aller à l’église en bonne compagnie !……

……..

…..Sur ce, le marin à l’oeil brillant et à la barbe blanchie par l’âge s’éloigne. Le garçon de noce quitte à son tour la porte du marié.

Il s’en alla comme un homme étourdi et qui a perdu le sens. Le lendemain matin, il se leva plus triste, mais plus sage. »

encore une fois le terme « église » est choisi par Coleridge, en fonction de sa culture ethique,-religieuse (qui l’a rattrapé à la fin de sa vie) pour symboliser le plan spirituel universel.

Cette « sagesse triste » qui envahit l’invité des noces consiste à savoir que le plan vital est exactement nul, le zéro face à l’infini du monde spirituel.

http://fr.wikipedia.org/wiki/Samuel_Taylor_Coleridge

« Depuis son retour d’Allemagne, ses opinions ont changé de façon surprenante ; en politique, de jacobin, il est devenu royaliste ; en religion, de rationaliste, il est devenu un fervent croyant du mystère de la Trinité. Aussi, il combat avec violence la Révolution française qu’il avait d’abord exaltée. Pour vivre, il accepte la direction du Morning-Post, dans les colonnes duquel il soutient la politique du gouvernement. « 

#BrunschvicgRaisonReligion exemple 3 des oppositions fondamentales : « High noon » de Fred Zinneman (1952)

HENOSOPHIA τοποσοφια μαθεσις υνι√ερσαλις οντοποσοφια

Ce splendide western « Le train sifflera trois fois » (« High noon ») est encore un exemple particulièrement clair de l’opposition fondamentale dont parle Brunschvicg au chapitre 1 de « Raison et religion »:

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/raison_et_religion/raison_et_religion.html

opposition entre le plan vital (ou moi vital) et plan ou moi spirituel (ou plan de l’Idée).

Rappelons nous l’intrigue, qui est d’une simplicité biblique:

http://fr.m.wikipedia.org/wiki/Le_train_sifflera_trois_fois

Au début du film, Will Kane (Gary Cooper), shérif de la ville qui doit être remplacé le lendemain par un successeur, épouse une jeune femme quaker Amy (jouée par Grâce Kelly); le mariage vient juste d’être prononcé quand arrive un télégramme signalant que le gangster psychopathe Frank Miller vient d’être libéré et doit rejoindre sa bande par le train de midi pour se venger de Kane, qui l’avait fait coffrer 5 ans auparavant.

Tous ceux qui assistent au mariage le pressent de fuir avec sa femme, puisqu’il n’est plus shérif , et dans un…

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construire une spiritualité laïque

Cet article paru il y a peu sur « Riposte laïque » est tout à fait intéressant:

http://ripostelaique.com/la-spiritualite-laique.html

« La laïcisation est un processus en marche dans les sociétés modernes ; processus qu’il faut avoir la volonté d’éclairer et de poursuivre.

L’idéal radieux des Lumières de la fin du 18 ème siècle ne s’est pas réalisé.

Une réflexion sur la spiritualité laïque ne peut pas faire comme s’il suffisait d’en revenir à ses principes édictés alors et à combattre la bête immonde. »

Ah oui…l’Abbé Thimmonde ….justement j’y pensais en regardant hier soir l’émission sur France 3 à propos de ces femmes remarquables qui sont entrées dans la Résistance, pour des raisons diverses, et souvent ont fait le sacrifice de leur vie, et que l’on a un peu trop vite oubliées à partir de 1945.

En (re)voyant ces images, ces films de juifs lynchés  à mort par la population dans les pays de l’Est (en Ukraine par exemple) ou bien de femmes (juives le plus souvent) forcées de se déshabiller, suprême humiliation, et de courir dans la neige avant d’être abattues d’une balle par les SS, je me récitais à propos de cette haine insensée venue du fond des âges les vers de William Blake, si connus et si beaux:

http://www.poetryfoundation.org/poem/172943

« Tyger Tyger, burning bright, 

in the forests of the night; 

What immortal hand or eye, 
Could frame thy fearful symmetry? »
traduction en français ici:
 » Tigre, tigre, qui flamboies

 

 Dans les forêts de la nuit

 Quelle main, quel oeil immortels

  Ont pu bâtir ton effrayante symétrie ? »

Bien entendu dans mes pensées lle tigre à la terrifiante symétrie symbolisait cette haine venue des anciens temps, dont on ne peut pas vraiment dire qu’elle ait été « bâtie » par « quelqu’un », même immortel…mais est ce si sûr ?

d’autres pensées venaient s’adjoindre, plus précises… bien entendu le nazisme est un phénomène moderne, mais je me disais que cette haine remontait en Europe au Moyen Age, et même aux premiers temps du christianisme, lorsque l’Eglise et la Synagogue se sont séparées…et puis il ne faut pas oublier l’Islam, qui imprègne actuellement Daesh, et tous ces monstres sanguinaires (Merah, Nemmouche, Coulibaly) qui tuent des juifs juste parce qu’ils sont juifs, Merah allant jusqu’à poursuivre des enfants juifs dans une cours d’école pour leur tirer dans la tête…d’où peut venir une haine aussi bestiale, aussi démoniaque ?

Du Coran bien sûr, qui appelle à la haine, et aussi de la perversion de  l’esprit d’amour de l’Evangile dans  la dérive du christianisme à partir des temps de Constantin, lorsqu’il est devenu la religion officielle de l’empire…

D’accord, mais tout cela, Coran et Islam, Evangiles et christianisme sort du Tanakh (Torah + Prophètes + écrits dits sapientiaux), appelé couramment « Ancien Textament ». Sans ce dernier, pas de « Nouveau Testament », et pas de Coran…donc pas de Daesh.

Pour simplifier outrancièrement ce qui est très compliqué : les « juifs » sont ceux qui ont rejeté Jésus et son message, les chrétiens sont ceux qui l’ont accepté et considéré qu’il confirme et dépasse en l’universalisant l’ancienne Alliance, et quant à l’Islam il sort de la « religion » des nazaréens ou « judéo-chrétiens » qui à partir du premier siècle et de la prise et destruction de Jérusalem par Rome, en 70 puis surtout en 135, ont mélangé certaines croyances chrétiennes à la foi et à la loi juives. Le Coran a été écrit à partir du milieu du 7 ème siècle et sur plus de deux siècles, par au moins vingt auteurs différents, à partir d’anciens « lectionnaires » nazaréens, voir:

Si la Bible  a pu mener à cela, à ce « Dieu d’amour » en trois exemplaires dont chacun pousse ses disciples à haïr ceux des deux autres et à leur faire la guerre, n’y a t’il pas quelque chose de pourri au royaume de la Bible , et au Royaume de ce « Dieu » ?
Bien sûr il n’est plus question en nos temps « démocratiques » de toucher à la liberté de conscience et de religion….la liberté de conscience des adultes…
mais je pose la question: un enfant élevé dès son plus jeune âge, par ses parents, dans la religion qui est celle de sa famille, de son ethnie, avant que son esprit critique , sa raison, ne soit suffisamment développée par l’enseignement laïque, un tel enfant peut il être dit libre ?
Un enfant n’aura pas forcément la même profession, les mêmes apititudes et goûts, la même conception de la vie que ses parents ou ascendants …. alors pourquoi aurait il les mêmes croyances religieuses ?
Cette « haine » dont je parlais plus haut ne se transmet elle pas justement à ces jeunes âges, quand l’enfant n’a pas développé son esprit critique pour pouvoir juger de manière indépendante ?
Il y a un âge de la majorité légale, qui est 18 ans.
Il y a un âge de majorité sexuelle, qui est 15 ans en France :
selon moi on ferait bien de la porter à 18 ans dans tous les pays européens, pour éviter les abus…
pourquoi n’ y aurait il pas une âge de la majorité sexuelle, légale et religieuse fixé à 18 ans ?
Pourquoi le choix le plus important dans l’existence, celui de ce qui doit donner le sens à cette existence, celui des options philosophiques ou religieuses, devrait il être forcé ou influencé par les parents ?
En disant cela, dont je suis profondément convaincu, je ne me fais aucune illusion : une telle réforme ne sera jamais mise en oeuvre à horizon temporel « visible », elle se heurterait à toutes les résistances possibles et imaginables, à la fois des milieux religieux, sectaires et « laïques », ou « libertaires »….
et pourtant je n’ai pas le sentiment d’avoir posé des questions idiotes…
et reste cette haine terrifiante, qui est surtout en notre 21 ème siècle le fait de l’Islam….

« Héros malgré lui » de Stephen Frears

J’avais déjà vu plusieurs ce film tout à fait divertissant et amusant (sur le mode grinçant), avec Dustin Hoffman et Andy Garcia:

http://fr.m.wikipedia.org/wiki/Héros_malgré_lui

je l’ai revu dernièrement par hasard et me suis rendu compte qu’il décrit la façon dont le mythe christique du Dieu sauveur devient celui du heros des médias (on oublie la crucifixion, ce n’est pas photogénique) monté en épingle artificiellement pour des raisons fort peu religieuses.

Quelle meilleure illustration pourrait on trouver du propos de Brunschvicg:

« Voilà pourquoi les religions, établies sur le plan vital, ont beau condamner le manichéisme, il demeure à la base de leur représentation dogmatique… »

Ici ce manichéisme pratique aboutit à l’opposition absolue entre Bernie Laplante (Dustin Hoffman) petit escroc raté et cynique qui réussit à merveille à cacher ses bons côtés , et John Bubber qui incarne si bien le heros sauveur et christique peut être…par ce qu’il en est vraiment un, comme il l’a montré au Vietnam avant de sombrer dans la clochardisation.

Seulement la vérité factuelle est que c’est Bernie qui a sauvé les passagers, et non pas John Bubber.

Cette opposition se retrouve dans le mythe chrétien entre Jésus et Barabbas le voleur, ou entre Jésus et Judas le traître.

Mais certaines théories non conformes à la légende officielle identifient Jésus et Barabbas (= »le fils du Père ») ou bien même Jésus et Judas, d’autres rendent justice à Judas en insistant sur l’importance de son rôle pour que le mythe s’accomplisse (de même que Satan dans le livre de Job est le serviteur des desseins de Dieu, non son adversaire).
Le christianisme est fondé sur l’identification d’un personnage mythique ou « idéal » (le Christ ou Oint ou Messie) et d’un personnage humain ayant (sans doute ?) réellement existé: c’est là sa force, car cela répond aux aspirations fondamentales du cœur humain, mais aussi sa faiblesse (parce que la vérité toute nue finit toujours par se savoir).
On doit cependant rendre grâce à l’Evangile de Jean, qui a identifié Jésus non plus avec un Messie, mais avec le Verbe, le Logos, la « Raison universelle des esprits » dira Malebranche.

L’alternative est la religion des « judéo-chrétiens », des nazaréens qui ne retient de l’Evangile que la conception de Jésus comme Messie guerrier : cela aboutira à l’Islam quelques siècles plus tard, l’Evangile de Jean nous aura sauvés de cela…provisoirement ?
Il suffira alors pour aboutir à une « religion » enfin universelle d’oublier les mythes, et même d’oublier Jésus (remplacé par Descartes) pour ne retenir que le Verbe, qui n’est pas un mythe mais est ce qui rend possible pour les humains d’élaborer une science et une philosophie universelles, se développant pour aboutir « asymptotiquement » (à la « Fin des Temps ») à la Vérité qui est Dieu (cf Spinoza).
Brunschvicg citant Malebranche le dit beaucoup mieux : « nous ne doutons pas que Dieu est en nous puisque comme le dit Malebranche nous avons toujours du mouvement pour aller plus loin ».

« Politiques de Maurice Blanchot » sur France Culture le 23 mai 2015

Avec Michel Surya et Jean Luc Nancy invités par l’excellent Finkielkraut, à réécouter:

http://www.franceculture.fr/emission-repliques-politiques-de-maurice-blanchot-2015-05-23

Voir également sur Blanchot, sans doute l’un des écrivains (véritables) les plus importants du 20 eme siècle et d’après selon Derrida, qui a raison sur ce point ce lien avec une vidéo d’une heure:

http://www.blogmorlino.com/index.php/2013/03/24/maurice_blanchot_pierre_madaule_correspo_1

Il me semble que l’on peut et doit relativiser la période journalistique des années 30, et celle de Mai 68.

Par contre l’opposition de l’écriture de jour (journalistique, politique) et l’écriture de nuit, celle de livres comme « L’arrêt de mort », est cruciale (au sens de Croix, cœur) : le jour c’est le monde, la nuit c’est le spirituel.

Pour Blanchot comme pour Finkielkraut on accède au spirituel par la littérature; pour moi qui suis Brunschvicg plutôt que Levinas (qui suivit ses cours pendant les années 30) c’est plutôt par la mathesis universalis telle que je l’ai définie comme platonisme évolutif et dynamique.

Blanchot, qui eut pour seul ami Levinas, ne fut JAMAIS’ antisémite, même lors des années 30.

Je l’approuve quand il dit que l’antisémitisme est la faute capitale, j’ai expliqué dans ma page de soutien à Israël que cela n’est pas du philosémitisme.

L’antisémitisme ne peut pas se libérer du ressentiment envers l’idée (absurde comme l’a dit Brunschvicg) d’élection divine « des juifs ».

Il est donc victime d’une passion triste.

Par contre l’islamophobie n’a rien contre les musulmans en tant que personnes, elle est résistance à l’antisémitisme et la christianophobie du Coran.

C’est tout à fait différent.