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« Héros malgré lui » de Stephen Frears

J’avais déjà vu plusieurs ce film tout à fait divertissant et amusant (sur le mode grinçant), avec Dustin Hoffman et Andy Garcia:

http://fr.m.wikipedia.org/wiki/Héros_malgré_lui

je l’ai revu dernièrement par hasard et me suis rendu compte qu’il décrit la façon dont le mythe christique du Dieu sauveur devient celui du heros des médias (on oublie la crucifixion, ce n’est pas photogénique) monté en épingle artificiellement pour des raisons fort peu religieuses.

Quelle meilleure illustration pourrait on trouver du propos de Brunschvicg:

« Voilà pourquoi les religions, établies sur le plan vital, ont beau condamner le manichéisme, il demeure à la base de leur représentation dogmatique… »

Ici ce manichéisme pratique aboutit à l’opposition absolue entre Bernie Laplante (Dustin Hoffman) petit escroc raté et cynique qui réussit à merveille à cacher ses bons côtés , et John Bubber qui incarne si bien le heros sauveur et christique peut être…par ce qu’il en est vraiment un, comme il l’a montré au Vietnam avant de sombrer dans la clochardisation.

Seulement la vérité factuelle est que c’est Bernie qui a sauvé les passagers, et non pas John Bubber.

Cette opposition se retrouve dans le mythe chrétien entre Jésus et Barabbas le voleur, ou entre Jésus et Judas le traître.

Mais certaines théories non conformes à la légende officielle identifient Jésus et Barabbas (= »le fils du Père ») ou bien même Jésus et Judas, d’autres rendent justice à Judas en insistant sur l’importance de son rôle pour que le mythe s’accomplisse (de même que Satan dans le livre de Job est le serviteur des desseins de Dieu, non son adversaire).
Le christianisme est fondé sur l’identification d’un personnage mythique ou « idéal » (le Christ ou Oint ou Messie) et d’un personnage humain ayant (sans doute ?) réellement existé: c’est là sa force, car cela répond aux aspirations fondamentales du cœur humain, mais aussi sa faiblesse (parce que la vérité toute nue finit toujours par se savoir).
On doit cependant rendre grâce à l’Evangile de Jean, qui a identifié Jésus non plus avec un Messie, mais avec le Verbe, le Logos, la « Raison universelle des esprits » dira Malebranche.

L’alternative est la religion des « judéo-chrétiens », des nazaréens qui ne retient de l’Evangile que la conception de Jésus comme Messie guerrier : cela aboutira à l’Islam quelques siècles plus tard, l’Evangile de Jean nous aura sauvés de cela…provisoirement ?
Il suffira alors pour aboutir à une « religion » enfin universelle d’oublier les mythes, et même d’oublier Jésus (remplacé par Descartes) pour ne retenir que le Verbe, qui n’est pas un mythe mais est ce qui rend possible pour les humains d’élaborer une science et une philosophie universelles, se développant pour aboutir « asymptotiquement » (à la « Fin des Temps ») à la Vérité qui est Dieu (cf Spinoza).
Brunschvicg citant Malebranche le dit beaucoup mieux : « nous ne doutons pas que Dieu est en nous puisque comme le dit Malebranche nous avons toujours du mouvement pour aller plus loin ».

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Daniel Massé : l’énigme de Jésus Christ

Les deux premiers tomes sont ici:

http://www.mediterranee-antique.fr/Auteurs/Fichiers/MNO/Masse/M_000.htm

Le tome 3, sur l’Apocalypse qui serait selon Massé le seul livre authentique de la main même de Jésus, est ici:

L’énigme de Jésus Christ volume 3

La critique de ces thèses est ici:

Les thèses de Daniel Massé

Qui croire ? comment être certain ?
Il y a en gros quatre sorte de positions sur Jésus :

– Jésus mythique, n’ayant pas eu d’existence réelle

– Jésus zélote, en guerre contre Rome et les juifs « collabos » (Daniel Massé s’inscrit dans ce cadre)

– les positions prouvant l’Eglise

-les positions comme celles de penseurs aussi différents que José Dupré, Simone Weil ou Léon Brunschvicg, hostiles au christianisme de l’Eglise mais reconnaissant une valeur spirituelle réelle au christianisme primitif ou à l’homme Jésus.

Quant à moi il me semble que c’est Brunschvicg qui a dit les choses les plus définitives, mais il me semble aussi illusoire d’espérer parvenir à une certitude totale et un diagnostic clair sur le christianisme comme religion.
Je propose donc de remplacer Jésus comme « cassure en deux de l’Histoire humaine », par Descartes:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2012/03/06/la-ligne-de-partage-des-temps/

Entendons nous : Descartes n’est pas un Messie, il n’est qu’un homme qui fut un grand philosophe, mais qui a fait comme les autres beaucoup d’erreurs.

Mais sans Descartes pas de Malebranche ni de Spinoza, il fonde la philosophie véritable qui est la « lignée rationaliste » de Badiou et l’idéalisme mathématisant de Brunschvicg qui est aussi le platonisme « vérité de la philosophie », et il est suivi aussi par Husserl pour son admirable « auto responsabilité philosophique ».

Et nous connaissons à peu près sa vie, nous avons ses œuvres dans d’admirables éditions critiques.

Bien sûr il faut s’employer à faire la lumière sur le christianisme, ses origines, ne fût ce que pour comprendre comment nous en sommes arrivés là où nous en sommes.

Mais notre temps de vie est limité…

A mon sens le « principe de précaution » impose de remplacer le christianisme et l’homme Jésus par le cartésianisme qui conduit à l’idéalisme mathématisant, dernière étape de la philosophie avant l’effondrement d’aujourd’hui, qui peut être reprise dans ce que nous appelons ici Mathesis universalis (notion cartésienne) comme « platonisme en mouvement ».