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#BrunschvicgRaisonReligion troisième opposition fondamentale : vie religieuse…oui mais laquelle ?

Faisant suite à:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2015/08/14/brunschvicgraisonreligion-troisieme-opposition-fondamentale-dieu-humain-ou-dieu-divin/

Quatre décennies séparent « Raison et religion » (1939)d’Introduction à la vie de l’Esprit (1900) : entre temps l’Europe, ou plutôt la civilisation européenne a entamé en 1914 son suicide (qui était décidé depuis longtemps, comme nous l’avons vu:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2015/08/17/la-vraie-raison-du-suicide-de-leurope/

et qui est en train de se terminer maintenant sous nos yeux effarés.

La question, le problème religieux, explicité ici au dernier chapitre « La vie religieuse » de l’Introduction à la vie de l’esprit:

https://meditationesdeprimaphilosophia.wordpress.com/2015/09/01/brunschvicgintroduction-cest-vers-lesprit-quil-faut-se-tourner-pour-resoudre-le-probleme-religieux/

est le thème des deux ouvrages à quarante ans de distance, et singulièrement du dernier chapitre d’Introduction à la vie de l’esprit comme du chapitre 3 de « Raison et religion », portant sur la troisième opposition fondamentale : Dieu humain ou Dieu divin?
La première opposition fondamentale étant celle entre Moi (ou plan) vital et Moi spirituel, et la seconde entre monde véritable (mis en équations par la science) ou monde imaginaire (mis en vente au profit des pulsions munies de cartes de crédit).
C’est parce que le problème religieux n’a pas été résolu que le Dieu humain des idolâtries qui se donnent le nom de « religions » n’a pas cédé la place au Dieu divin, Dieu des philosophes et des savants, Dieu pauvre et dépouille, et maintenant c’est la fin de la pièce : « on ferme! » comme titrait un livre de Philippe Muray.
Au mieux l’aventure des dieux à noms propres se terminera comme dans « La vérité si je mens », par un mariage, au pire comme cela aurait pu se terminer dans le Thalys il y a une semaine : par un massacre. de toutes façons, massacre ou noce, c’est toujours le plan vital, la roue des générations qui naissent, vivent et disparaissent. L’appel de Brunschvicg à se tourner vers l’esprit est resté lettre morte.

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/raison_et_religion/brunschvicg_raison_et_religion.doc#c3

Il ne dit pas autre chose en 1939, quand le monde se prépare une nouvelle fois à basculer dans la guerre, qu’en 1900. Mais il le dit autrement, avec une conscience plus nette et plus aigüe de l’urgence, qui se situe tout entière dans la non résolution du problème religieux. Et c’est encore plus vrai aujourd’hui, 75 ans après., à cause de l’amplification provoquée par l’accélération de la mondialisation. (attention au terme « non résolution », le problème religieux n’est pas un problème d’artihmétique ou de géométrie élémentaire, il ne faudrait pas imaginer son éventuelle « solution » donnée une fois pour toutes, et après ça on n’aurait plus qu’à faire la fête et aller danser : cette « solution » comme le dit Brunschvicg dès 1900 nécessite, mais on peut dire je crois consiste à se tourner vers l’esprit,, vers ce que l’évangile appelle « royaume des cieux », formule même de la « conversion véritable », de la « metanoia »; or comme l’esprit est infini et le seul Infini, on n’en aura jamais « fini » avec lui)

Cette urgence du problème religieux implique, on le voit bien, les religions existantes, « toutes établies sur le plan vital » comme le note Brunschvicg, et parmi elles, en ce qui concerne l’Occident en tout cas, les trois « religions » dites « du Livre ». C’était déjà le cas, si l’on regarde bien, en 1939 puisque l’idéologie nazie se fondait sur la volonté d’éliminer physiquement le judaïsme européen, puis mondial (car il ne faut jamais oublier que le nazisme n’est pas un nationalisme mais vise à régner sur la planète entière), et aussi sur une haine farouche du christianisme accusé d’avoir « dévirilisé »les peuples d’Europe, en même temps que sur un admiration pour l’Islam et ses « vertus guerrières ». Or l’Islam est comme on le sait dérivé de la religion nazaréenne ou « judéo-chrétienne » des premiers siècles, comme le note Pierre Antoine Bernheim le grand historien des religions dans « Jacques frère de Jésus », il est en germe dans le noyau de cette secte guerrière (qui visait à reconquérir Jérusalem et y a finalement réussi, après avoir converti des tribus arabes) qui conservait la loi juive et y associait l’évangile, (de Matthieu) dans une conception desséchée de Jésus comme « Messie guerrier » qui allait mener les « élus » à la conquête du monde une fois Jérusalem reconquise et le Temple restauré. cette communauté des « élus » est tout simplement la « oumma islamiya », depuis 14 siècles.

On ne comprendrait rien au sens profond de la pensée de Brunschvicg si l’on y voyait une espèce  de « positivisme scientiste » cherchant une sorte de « supplément dâme » en revisitant les jardins du passé lors d’une sorte de « tour du propriétaire » et en cueillant quelques belles flleurs pas trop voyantes pour agrémenter le présent.

Bien au contraire, comme d’ailleurs il apparaît avec évidence dans « Introduction à la vie de l’esprit », la vie religieuse est le sommet et l’aboutissement de la vie spirituelle, si l’on définit l’esprit par la liberté et l’autonomie.

Mais l’on se tromperait encore plus gravement si l’on s’imaginait cette préoccupation religieuse comme un élan pour trouver le sens profond des religions positives, le judaîsme où se situe l’origine familiale de Brunschvicg et le christianisme en tant que « confession religieuse ».

Dès ses années de jeunesse Brunschvicg se sépare des formules légalistes et collectives du judaïsme, comme le révèle cette anecdote absolument savoureuse mais très profonde d’Etienne Gilson sur « le haricot de Brunschvicg » :

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/le-haricot-de-brunschvicg/

et bien sûr Gilson ne comprend rien,  comme le montrent les réflexions suivantes:

« Mais Brunschvicg, dans sa simplicité et sa sincérité, raconte à Gilson le moment exact où il s’est libéré de la “prison juive” (ainsi que l’appelle Jean Daniel) : “c’était au moment du jeûne : pour s’assurer qu’il ne cédait pas à un appétit bien naturel, notre philosophe mangea unharicot, UN SEUL (Brunschvicg appuyait sur “un”, car l’unicité de ce corps du délit lui garantissait la pureté de l’acte)..

Gilson :

j’essayai alors de lui faire comprendre  que l’idéalité même de sa rébellion était encore un triomphe du Lévitique”..

puis il se demande : “Quel est donc ce Dieu en esprit et en vérité auquel on se consacre en mangeant un haricot, et un seul ?” »

Mais il y a un passage encore plus savoureux dans le chapitre 3 de « Raison et religion » sur lequel je voudrais insister, ne fût ce que pour faire admirer ce que l’on pourrait appeler la maîtrise du « judo spirituel » de Brunschvicg.

Il a d’abord démonté, sans trop de peine, les prétendues « preuves rationnelles » de l’existence de Dieu..

Ensuite il commence ses travaux d’approche en donnant des gages, sans avoir l’air d’y toucher, à Pascal, qu’il admirait sincèrement (et comment ne pas lui donner raison ?) :

« Or, l’âme ainsi corrompue par le corps, ne permet plus à la raison d’exercer son office naturel. Pascal ne fera qu’aller jusqu’au bout de la doctrine en écrivant : « Le péché originel est folie devant les hommes ; mais on le donne pour tel, vous ne me devez donc pas reprocher le défaut de raison en cette doctrine puisque je la donne pour être sans raison. Mais cette folie est plus sage que toute la sagesse des hommes, sapientius est hominibus » . A quoi, en effet, la foi pourrait-elle nous commander de croire, si ce n’est au proprement incroyable ? »

puis à la religion (chrétienne) en se démarquant d’ailleurs des rationalistes naïfs :

« De ce point de vue, l’impuissance de la raison à faire la preuve que Dieu existe, loin d’ébranler la valeur de la religion, nous confirme dans la nécessité de mettre notre seul appui en la parole révélée »

mais tout de suite après, avec ce calme incroyable du grand torero vient la mise à mort :

« Perspective dont il ne s’agit pas de contester l’apparence séduisante, qui cependant ne laisse pas de provoquer un embarras inextricable.  »

C’est cette maîtrise qui manquera toujours à un Michel Onfray !

Je ne donne la suite que par acquis de conscience :

« On suppose, en effet, qu’entre ceux qui s’appellent croyants et ceux qu’on se plaît à traiter d’incrédules le débat n’a lieu qu’à partir d’une certaine position du problème, sur laquelle les deux partis seraient à l’avance d’accord, quitte pour les uns à répondre oui là où les autres répondent non. Mais il n’en peut pas être ainsi du moment qu’on s’estime tenu à ce minimum de cohérence logique qui est requis pour se fixer à soi-même la portée de ce qu’on affirme ou de ce que l’on nie. Il n’est pas permis de dire si Dieu existe ou non avant de savoir ce qu’il est ; et comment savoir ce qu’il est tant qu’on n’a pas démontré son existence ? Pour un objet qui n’est pas compris dans le tissu normal de l’expérience quotidienne, nature et preuve sont inséparables. La manière dont on arrive à l’existence de Dieu décidera des attributs qu’on lui reconnaît. Une chose est évidente : lorsque le fidéisme affecte de tourner en triomphe l’échec de la raison, il s’enlève à lui-même la base sur laquelle aurait pu s’établir le contenu de la révélation. »

et enfin la formule choc qui met fin à tous les doutes : non, la « vie religieuse » que Brunschvicg place au sommet de la vocation humaine n’a rien à voir avec les « automatismes sociaux et les représentations collectives », c’est à dire avec les cultes (qui sont le destin inéluctable du fidéisme et de toute attitude prétendant se passer de la raison:

« Il ne lui restera qu’une ressource, s’abandonner à l’automatisme du comportement social, sanctifier le préjugé d’une représentation collective transmise dans les symboles d’un langage impénétrable à la conscience claire et distincte. On a le sentiment que le problème a disparu dès l’instant où on a imaginé de l’ériger en mystère, formule de complaisance qui, à défaut de nous éclairer, serait capable d’endormir notre scrupule si par malheur la sociologie, qui rend compte du conformisme confessionnel, ne mettait en relief l’origine tout humaine d’une semblable attitude. »

et je ne résiste pas à citer ceci , quelques pages plus loin, véritable « achèvement »  de toute attitude mystique, fidéiste, qui ne peut que se perdre en un « nuage d’inconnaissance » (et j’ai bien peur que le terme ne doive être pris dans son acception la plus violente, radicale, terminale):

« En s’accrochant désespérément au fantôme de l’inconnaissable, la psychologie négative, comme la théologie négative, se ferme toute voie d’accès vers ce qui est cependant le but de son aspiration. Que nous définissions Dieu par ce qui nous manque pour l’atteindre, ou que nous isolions l’âme de sa durée et de son « milieu », nous serons également voués à nous perdre dans la contemplation muette et vide du néant. »

Mais ici bien sûr je dois plaider coupable d’avoir donné à la pensée de Brunschvicg un visage qui ne peut être le sien : celui de la volonté de faire mal à l’adversaire, de par les termes « martiaux » que j’ai utilisés….

or cet homme, ce Sage, ce Maître, était entièrement bonté, jamais il n’aurait pu même avoir l’idée d’agresser quiconque. Intraitable avec la seule chose qui compte, les idées, mais douceur, gentillesse et humilité avec les êtres, même et surtout les plus opposés à ce qu’il représentait .

Et le passage qui suit immédiatement le précédent est clair :

« Pour nous la leçon est péremptoire. Nous n’attendrons notre salut que de la réflexion rationnelle, portée à ce degré d’immanence et de spiritualité où Dieu et l’âme se rencontrent. Si Dieu est vérité, c’est en nous qu’il se découvre à nous, mais à la condition que Dieu ne soit que vérité. Le péril mortel serait que la profondeur idéaliste souffrît d’être indûment transposée, que l’imagination de l’être réapparût subrepticement qui aurait pour effet inévitable d’assimiler Dieu à un objet quelconque dans le champ de la réalité vulgaire, de transformer dès lors l’intuition d’ordre spirituel en un paralogisme ontologique.« 

#BrunschvicgRaisonReligion seconde opposition fondamentale : monde imaginaire ou monde véritable

Chapitre 2 de. « Raison et religion »:

http://classiques.uqac.ca/classiques/brunschvicg_leon/raison_et_religion/raison_et_religion.html

« VIII. — Le silence éternel de ces espaces infinis m’effraie. Qu’elle soit destinée à traduire l’impression propre de Pascal, ou qu’elle soit placée dans la bouche du libertin que l’auteur des Pensées travaille à convertir, la phrase du manuscrit posthume dénonce avec un éclat singulier ce qu’on pourrait appeler le mal de l’époque. L’éternel et l’infini, qui d’eux-mêmes paraissent faits pour conduire l’homme vers un Dieu lui-même éternel et infini, semblent l’en éloigner et l’en détourner. Comment comprendre cela ? Devant les révélations prodigieuses que l’astronomie moderne avec les conceptions rationnelles de Copernic et les découvertes télescopiques de Galilée lui apportait, il est arrivé que l’homme a perdu le contact de son monde, d’un univers restreint à la portée de ses sens, et qui lui parlait un langage familier. Tout y était expliqué par son intérêt, et derrière la gravité trompeuse d’un réalisme finaliste et théocentrique se développait, à l’abri d’une fausse sécurité, l’imagination anthropomorphique des peuples enfants. De même que le problème religieux se met différemment en équation suivant le niveau où le moi se considère, de même la conception du rapport entre la nature et Dieu se transforme suivant la norme de vérité à laquelle on se réfère.
Que la physique n’ait eu que l’apparence d’un savoir positif tant qu’elle n’était pas en possession de ces instruments que sont conjointement la coordination mathématique et la technique expérimentale, nous le savons assurément ; mais nous le savons seulement depuis trois siècles, bien court intervalle dans l’histoire de la planète et même de ses habitants humains, depuis le moment où la raison a pris conscience d’une méthode qui lui permet de mordre sur le réel en même temps que prenaient leur P034 forme définitive les victoires les plus mémorables de l’intelligence : découverte du principe d’inertie, composition mécanique des mouvements, identité de la matière céleste et de la matière terrestre.
Comment saura-t-on se prononcer entre les faux Dieux et le vrai, si l’on ne commence par opposer la fausse image du monde et son idée véritable, si l’on ne distingue pas radicalement dans l’usage du même terme vérité le mirage d’une imagination puérile et la norme incorruptible de la raison ?
 »

Le monde véritable est celui, créé, ou constitué, plutôt que révélé, par la science, par la physique mathématique au 17 eme siècle, un peu plus tôt si nous devons y inclure Copernic et nous le devons.

Le monde imaginaire est celui qui « parle à l’homme un langage familier » : celui des instincts, des passions, des plaisirs et des peines, des sens aussi, qui heureusement sont là pour que nous puissions continuer à vivre en remarquant les dangers, mais qui nous trompent aussi.

Dans le monde imaginaire, celui de la fausse sécurité comme de la fausse terreur, tout est centré sur le Moi vital: cet arbre est bon parce qu’il me donne son ombre pour me réfugier contre l’ardeur du Soleil, mais si la foudre le frappe et qu’il s’abat sur moi, il est mauvais.

Les sauvages remercient « Dieu » ou les dieux, ou les esprits des ancêtres, de les pourvoir en nourriture abondante si la saison est bonne ; et si plus loin une autre tribu est confrontée à la sécheresse et à la famine, c’est qu’ils n’ont pas les bons dieux.

La découverte d’un monde véritable qui ne parle que le langage, non familier, des entités mathématiques de la physique, constitue un « déplacement dans l’axe de la vie religieuse » comme Brunschvicg le dit ailleurs:

https://leonbrunschvicg.wordpress.com/quelques-citations-eparses-de-brunschvicg-particulierement-eclairantes-voire-illuminatrices/

« Le fait décisif de l’histoire, ce serait donc, à nos yeux, le déplacement dans l’axe de la vie religieuse au XVIIe siècle, lorsque la physique mathématique, susceptible d’une vérification sans cesse plus scrupuleuse et plus heureuse, a remplacé une physique métaphysique qui était un tissu de dissertations abstraites et chimériques autour des croyances primitives.L’intelligence du spirituel à laquelle la discipline probe et stricte de l’analyse élève la philosophie, ne permet plus, désormais, l’imagination du surnaturel qui soutenait les dogmes formulés à partir d’un réalisme de la matière ou de la vie. L’hypothèse d’une transcendance spirituelle est manifestement contradictoire dans les termes ; le Dieu des êtres raisonnables ne saurait être, quelque part au delà de l’espace terrestre ou visible, quelque chose qui se représente par analogie avec l’artisan humain ou le père de famille. Étranger à toute forme d’extériorité, c’est dans la conscience seulement qu’il se découvre comme la racine des valeurs que toutes les consciences reconnaissent également. »

Il annonce ici en d’autres termes ce changement d’axe:

« Comment saura-t-on se prononcer entre les faux Dieux et le vrai, si l’on ne commence par opposer la fausse image du monde et son idée véritable, si l’on ne distingue pas radicalement dans l’usage du même terme vérité le mirage d’une imagination puérile et la norme incorruptible de la raison ? »

Notez qu’il n’oppose pas une fausse image à une image qui serait véritable, mais à une idée véritable parce que vérifiée selon des méthodes de plus en plus scrupuleuses.
Une image est toujours fausse, ou en tout cas particulière, non universelle, liée à un certain point de vue (spatio-temporel mais aussi ethnique) parce qu’elle repose sur l’instinct vital : l’image que j’ai de ce qui m’entoure me sert à utiliser au mieux mes capacités d’action pour améliorer ou protéger ma vie : je vois cet orage qui se prépare et dois penser à me mettre à l’abri.
Par contre je ne vois pas le tsunami qui va submerger la Thaïlande parce que c’est très loin : ma vie n’est pas menacé.
De plus c’est dans le passé et plus personne n’est menacé, pour le moment du moins.
Aussi le « voyage temporel » sous les formes vulgaires de certains récits est il et restera t’il une baliverne : non il est impossible que je revoie ce train d’il y a 20 ans, ou était 30 ans en arrière, cette fille dont j’ai croisé le regard et dont je suis tombé amoureux instantanément : je n’avais qu’à montrer suffisamment de courage pour l’aborder ce jour là!

Mais « l’homme délibératif », (dirons nous, par opposition au dragueur professionnel, à l’ivrogne ou à la racaille) préfère souvent jouer son petit Hamlet du pauvre : « passer pour un imbécile ou passer pour un con? Telle est la question! »…et il choisit généralement de « passer pour un imbécile plutôt que de parler, mettant ainsi fin à tous les doutes »

Par contre le voyage dans le temps, le « time travel », est un thème de réflexions fructueux pour les physiciens et les philosophes…

L’intellect et la réflexion sont nécessaires pour coordonner les « images » ,nou plutôt les différents repères liés aux différents observateurs, au moyen des formules de transformations de Lorentz par exemple en relativité restreinte: ne peut être dit « vrai » que ce qui est universel en unifiant les différents points de vue au moyen d’une coordination mathématique, indubitable car vérifiable: on a ainsi pu vérifier avec des chronomètres extrêmement précis que si un observateur prenait l’avion suffisamment longtemps, le temps écoulé pour lui ( dans son repère spatio-temporel en mouvement par rapport à celui d’un observateur resté immobile (sans prendre l’avion)était différent , un peu moins long, confirmant ainsi les prévisions de la théorie de la relativité.

Cela dit « La machine à explorer le temps » d’H’ W. Wells a joué pour moi un rôle initiatique quasiment: je me souviens encore de cette journée où j’étais seul à la maison et où j’ai quasiment dévoré le livre.

Je me souviens, je me revois « par la mémoire », c’est en moi, lié à toutes les réminiscences, à toutes les réflexions que cette rétrospection a provoquées depuis lors : opération spirituelle.

Mais il est illusoire d’imaginer construire une machine à voyager dans le temps afin de me retrouver « en face » de moi adolescent en train de lire le livre, dans le canapé rouge, avec le bruit des voitures passant dans l’avenue en bas..d’ailleurs je me demande ce que j’aurais à lui dire, à cet adolescent…à part « fais gaffe, à telle date reste au lit toute la journée, tu éviteras de gros ennuis »…

#BrunschvicgRaisonReligion les oppositions fondamentales : Moi vital ou Moi spirituel

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